Fin d’hiver, entrée dans le printemps : Préparer le changement

Table des matières

Mi-février : comment votre terrain réagit au changement ? Un aperçu de ce que l’on voit en séance !

« Purushoyam Lokasammitah » : Le monde est à l’image de l’esprit.
Ce verset, souvent transmis en Ayurvéda, rappelle une évidence que nos agendas modernes adorent ignorer, nous ne sommes pas séparés de la nature.
Quand le dehors change, le dedans change aussi, et si on veut préserver sa vitalité, on gagne à observer les saisons comme on observe un corps, sans jugement, mais avec précision.

En ce moment (mi-février → mars), on quitte doucement l’hiver pour entrer dans une dynamique de printemps, ce n’est pas un “reset”, c’est un passage, et les passages, si on les traverse trop vite, le corps nous le fait payer en petits signaux très clairs !


Le changement de saison ou l’Intersaison pourquoi c’est toujours une zone sensible

Quand la saison tourne, on change de température, de lumière, d’humidité, de rythme.
Résultat : le corps doit réajuster ses réglages internes.

  • Certains vont sentir plus de fatigue, un brouillard mental.
  • D’autres vont avoir une sensation de lourdeur, de congestion, d’allergies qui se réveillent.
  • D’autres encore vont se sentir agités, avec le sommeil plus fragile…

Ce n’est pas “dans la tête”, c’est de la physiologie + du rythme + du système nerveux.

Et il y a une règle simple que j’applique autant dans la tradition que dans la vraie vie : on ne change pas tout d’un coup.
On glisse. On ajuste. On laisse le corps faire son travail ! ON OBSERVE LES SIGNAUX DU CORPS !


Ce que l’hiver a souvent laissé derrière lui

L’hiver, surtout quand il a été froid, immobile, lourd, pousse le corps à se protéger : on garde la chaleur au centre, on ralentit, on stocke plus facilement.

Au fil des semaines, ça peut favoriser :

  • une inertie (envie de dormir, motivation basse),
  • une congestion (mucus, sinus, peau plus terne),
  • une digestion parfois moins nette malgré des envies de “réconfort”.

Et quand la chaleur revient, tout ce qui était “figé” peut commencer à se fluidifier… et c’est là que certaines personnes se sentent bizarres : ça bouge, ça circule, ça “décroche”.

Le point clé à surveiller à cette période : la force digestive.
Quand elle faiblit : ballonnements, lourdeur, fringales sucrées, fatigue après repas.
Quand elle tient bon : le printemps devient un allié incroyable.


Le rituel de fin d’hiver : léger, chaud, vivant

Pas besoin de faire une cure punitive ni de manger de l’herbe triste. L’idée, c’est d’adopter des qualités opposées à l’inertie donc ici, plus léger, plus chaud, plus mobile, plus clair.

1) Boire tiède et simple (le geste sous-côté)

  • Eau tiède au fil de la journée, sans modération.
  • Éviter le “glacé” qui coupe l’élan digestif.

2) Alléger sans se frustrer

Pendant quelques semaines, le corps apprécie :

  • des repas chauds, plutôt cuits, plus légers,
  • moins de gras lourd et de sucres “collants”.

Repère facile : plus de légumes cuits + épices + protéines simples, moins de fritures et d’excès sucrés.

3) Miser sur 3 saveurs de printemps

Sans jargon : au printemps, on soutient le corps avec des saveurs qui assèchent un peu, décongestionnent, réveillent (et encore une fois, tout dépend de ton état du moment) :

  • amer (roquette, endive, pissenlit, artichaut…),
  • astringent (certaines légumineuses, pommes, thé…),
  • piquant (épices, gingembre, poivre, moutarde douce…).

4) Les épices : l’allié traditionnel

On mise sur les épices qui réveillent en douceur : cumin, coriandre, fenouil, curcuma, poivre noir, gingembre, cardamome, cannelle, basilic, persil, et si tu le supportes, un peu de piment.

➡️ Astuce simple : gingembre + curcuma dans une soupe ou un plat de légumes, et le corps “comprend” tout de suite.


Foie, vert, colère : le trio du printemps

Dans les traditions, le printemps est associé à un grand nettoyage interne, et le foie est souvent au centre de l’histoire.

Manger vert, le foie adore :

  • herbes fraîches,
  • légumes verts,
  • pousses,
  • salades (si tu les digères, sinon en petite quantité ou légèrement tiédies).

Et côté émotionnel, beaucoup le constatent, quand le foie est “chargé”, il y a plus de colère, d’irritabilité, de “ça déborde vite”, quand il est plus libre, on retrouve : élan, motivation, créativité.

Donc, bouger, transpirer un peu, s’aérer, s’extérioriser, ça aide.
Marcher d’un bon pas, danser, jardiner, secouer le corps, respirer plus grand… c’est du soin. Et parfois, c’est la meilleure “détox” possible ! Faites simple !


Le corps élimine mieux quand vous lui laissez… de l’espace

Le printemps “aide” naturellement le corps à éliminer.
Mais si tu es en mode course permanente, surcharge mentale, stress, sommeil bancal… tu coupes l’accès au nettoyage.

On peut boire toutes les tisanes du monde, si le système nerveux est en alerte toute la journée, le corps ne “vide” pas, il survit, donc il garde et s’encrasse.

Le vrai rituel du printemps, c’est aussi :

  • dormir correctement,
  • alléger les soirées,
  • réduire le bruit mental,
  • s’offrir des temps de récupération et de détente.

Les bourgeons : un coup de pouce très “de saison” (si c’est adapté à vous)

À cette période, il y a aussi un outil traditionnel que j’aime beaucoup les bourgeons (gemmothérapie).
Pourquoi maintenant ? Parce que le bourgeon, c’est la plante au moment où elle démarre, là où tout est concentré et c’est l’élan, la poussée, le renouveau. Exactement l’énergie du printemps !!

Sans faire d’auto-prescription hasardeuse, voici quelques bourgeons souvent utilisés en fin d’hiver / début printemps, selon les terrains de chacun :

  • Frêne : intéressant quand il y a de la lourdeur, un besoin de “faire circuler”, parfois en lien avec les raideurs ou l’encombrement.
  • Charme : souvent cité quand le printemps réveille les sensibilités ORL (nez, sinus) et la sensation de congestion.
  • Ronce : utilisé sur certains terrains quand on a besoin de restructurer, soutenir un organisme qui se remet en route après l’hiver.

Et selon les profils, d’autres peuvent être envisagés en lien avec la saison ! Cassis (terrain réactif, élan..), Romarin (axe foie-digestion), Bouleau (drainage global) …

👉 Le point important à garder en tête est que le bon bourgeon dépend de votre terrain + de votre état du moment (et de vos contraintes personnelles). Le printemps est puissant, donc il faut éviter de prendre un bourgeon parce qu’on la vu sur une vidéo par exemple. Faites vous conseiller si vous doutez 🙂

Pour plus d’infos sur les bourgeons ( Quintessence – Gemmothérapie ) est géniale pour se former un peu à cette galénique !


Ce qu’on limite (sans tomber dans la prison alimentaire)

  • friture
  • boissons glacées / glaces
  • excès de sucré, de salé
  • excès d’aigre (un peu de fermenté ok, mais pas la fête du kombucha matin-midi-soir)
  • siestes longues en journée (elles entretiennent l’inertie)

Et j’ajoute une règle que j’aime beaucoup parce qu’elle est vivable !!

La règle 80/20

80% : alimentation simple, consciente, sommeil réparateur, rythme stable, gestes qui soutiennent.
20% : flexibilité, petits plaisirs, vie sociale, modernité.
La tradition n’a jamais demandé d’être parfait. Elle demande d’être constant.

Il suffit juste de se poser la question tous les jours: est-ce que j’ai donné suffisamment d’énergie à mon corps aujourd’hui ?
( avec des micro et macro nutriments) .


La curiosité la plus utile : “Je suis plutôt quel type de terrain ?”

Si tu veux vraiment que ce rituel marche, la question n’est pas “quelle cure je fais ?”
La question, c’est mon corps réagit comment au changement de saison ?

  • plutôt “lourd / congestionné / lent à démarrer” ?
  • plutôt “sec / nerveux / sommeil léger” ?
  • plutôt “chaud / irritable / inflammé” ? …

L’état du moment, ce n’est pas une étiquette, c’est une lecture, et quand on la comprend, on arrête de copier les routines des autres. On s’en adapte une à SOI.


En pratique chez HOPE THÉRAPIE

Au cabinet, j’utilise les INTERSAISONS pour aider à :

  • clarifier votre terrain,
  • comprendre vos signaux (digestion, sommeil, énergie, humeur),
  • construire une routine saisonnière réaliste, adaptée à votre vie (et si besoin, voir si les bourgeons ont du sens pour vous),
  • vous faire comprendre comment observer les signaux de votre corps.

Le printemps est une saison de renouveau et de créativité, quand on accompagne bien la transition, le corps se remet en mouvement et l’esprit redevient plus clair, sans violence, sans rigidité, juste avec le bon réglage au bon moment.
En conscience quoi !

Approche bien-être et prévention. Ne remplace pas un suivi médical.